Sans remonter trop loin dans le temps, on sait que pendant le dernier million d'années, une glaciation est survenue approximativement tous les 100 000 ans. La théorie la plus récente à ce sujet, explique principalement le processus par l'évolution cyclique de trois paramètres astronomiques avec leurs retentissements climatiques cumulés.
Nous allons expliquer sommairement :
- Les trois paramètres cycliques.
- Le schéma d'un cycle glaciaire.
LES TROIS PARAMÈTRES ASTRONOMIQUES
"L'oscillateur astronomique", responsable des glaciations, est formé de trois composantes ou paramètres. Deux paramètres agissent directement sur le phénomène de glaciation, le troisième couple les deux premiers.
a/ La première composante
La première composante provient de l'inclinaison de l'axe de la terre
entre les deux limites suivantes (21°5 (A) et 24°5 (C)).
La période nécessaire pour que l'axe de la terre varie entre ces deux
limites est de 41 000 ans. L'inclinaison de la terre est actuellement
de 23°5 (B).
b/ La deuxième composante
La deuxième composante provient de l'aspect de l'orbite terrestre,
avec une période de 100 000 ans, qui modifie l'excentricité de
l'orbite ellipsoïdale terrestre et l'écart entre la distance maximale
et minimale entre la terre et le soleil. Ces distances varient entre 155 millions et 150 millions de kilomètres.

C/ la troisième composante
La troisième composante couple l'inclinaison de l'axe de la terre avec l'excentricité orbitale. C'est la précession de l'axe
terrestre, qui décrit un cercle autour d'une position moyenne, avec une période de 23 000 ans.
C'est donc la combinaison cyclique de ces trois composantes astronomiques et de leurs conséquences climatiques qui
entraîne la périodicité inéluctable des glaciations avec un cycle complet tous les 100 000 ans environ, au cours du
dernier million d'années (ère quaternaire).
le maximum interglaciaire est une phase où la distance Terre - Soleil est de 150 millions de kilomètres et l'inclinaison de l'axe terrestre est de 21,5°
Lors de la dernière phase glaciaire, durant la glaciation de Würm, la distance Terre - Soleil était de 155 millions de kilomètres et l'axe de la Terre était incliné à 24,5°.
LE SCHÉMA D'UN CYCLE GLACIAIRE
Le schéma décrit ci-dessous fait acte de la dernière glaciation dont nous parlons au début de cette page, c'est-à-dire de la glaciation de Würm. Les précédentes, ont pour noms les glaciations de Riss, de Mindel et de Gunz.
Un cycle glaciaire est à diviser en deux phases. La première phase, dite de refroidissement, s'achève par un maximum glaciaire. la seconde, dite de réchauffement et correspondant à la phase interglaciaire, se termine par un maximum interglaciaire.
La phase de refroidissement
Elle est dite glaciation et a commencé voici 100 000 ans. Elle intéresse la totalité du globe terrestre, mais à des degrés divers selon la situation australe ou boréale, polaire ou équatoriale des différentes régions. Notre étude ne s'attache qu'aux phénomènes européens.
Ce refroidissement a entraîné des conséquences majeures :
-
L'extension de l'étendue et de l'épaisseur des glaciers. Les glaciers alpins se sont considérablement agrandis sur les flancs des massifs. Ils ont atteint entre deux mille et trois mille mètres d'épaisseur. Il est possible, grâce à la vue de droite, de se rendre compte de l'étendue du pôle nord durant cette période.
- La régression du niveau marin. La mer méditerranée voit son niveau baisser de cent vingt à cent quarante mètres en dessous de son niveau actuel à cause de l'évaporation des mers et océans présents sur la surface du globe et la transformation de la vapeur d'eau générée en une énorme calotte glaciaire. Son rivage s'est vu reporté à 15 kilomètres plus loin que le rivage que l'on connait aujourd'hui.
- La mise à jour de ses falaises et d'une multitude de grottes le long de son littorale. C'est à cette époque que la célèbre grotte Cosquer fut mise à sec. Beaucoup de ces cavités ont été occupées par l'homme, mais de nos jours, elle sont totalement submergées. Sur la vue de droite, on peut voir l'importance de la calotte glaciaire durant la glaciation de Würm.
Une des conséquences locales de la régression marine fut la disparition, en tant que plan d'eau, de notre étang de Berre.
La chute de la température moyenne s'accentue progressivement et atteint son maximum entre -21 500 et -14 000 ans avant Jésus Christ. C'est à cette date de -21 500 qu'est atteint le maximum de l'excentricité orbitale terrestre, ce qui correspond à l'extension maximale des glaciers, tant en superficie qu'en épaisseur.
La phase de réchauffement
Comme nous l'avons indiqué précédemment, elle est dite interglaciaire. Elle a débuté voici environ 16 000 ans. L'écart entre le maximum glaciaire et le début de la phase de réchauffement est dû au fait que l'extension maximale des glaciers et la chute thermique se sont maintenues jusqu'aux environs de -16 000 sans modification substantielle. Epoque après laquelle la glace ainsi stockée s'est mise à fondre "brusquement" (en 7 000 ans environ), lorsque les étés de l'hémisphère nord se sont réchauffés.
Une masse considérable d'eau, précédemment figée dans les glaciers, s'est alors écoulée en peu de temps vers la mer.
C'est également à cette époque que l'étang de Berre s'est rempli sous l'action de plusieurs facteurs climatiques.
Plusieurs crises torrentielles ont augmenté le débit des rivières affluentes et la fonte régulière des glaciers a affecté les écoulements d'eau de la montagne vers la mer.
La remontée du niveau méditerranéen atteint l'étang entre -8 000 et -7 000 ans avant JC. Elle mêle les eaux salées de la mer aux eaux douces de l'étang par l'intermédiaire de la passe de Caronte à Martigues qui a servi de communication mer - étang à l'extrême fin de la fonte des glaciers. Sur cette vue, la calotte glaciaire de nos jours. Elle a fondu comme neige au soleil si l'on peut dire.
La vue de notre continent, à gauche est tel que nous aurions pu le voir lors de la dernière glaciation de Würm. Nous pouvons remarquer les délimitations de l'Europe actuelle et nous rendre compte que la France est envahie par la calotte glaciaire jusqu'au nord de la région aixoise.
Il est à signaler que la moitié nord la France est à cette époque sous une épaisseur de 1 000 ou 2 000 mètres de glace.
Rappelons que la fonte des glaciers, qui dura "très peu de temps" (de -16 000 à -9 000 ans avant JC), a formé les reliefs de nos régions ainsi que ceux de la vallée de la Durance jusqu'aux massifs alpins.
Durant 7 000 ans, la fonte des glaciers va façonner nos plaines et nos plateaux.
Il est possible de voir sur la vue aérienne de droite les méandres creusés par la fonte des glaciers durant des milliers d'années sur les plateaux de l'Arbois, de Rognac et de Vitrolles.
Nos cascades devaient couler sans discontinuer, avec un débit qui devait dépasser de loin le débit qu'il nous est possible d'apercevoir de temps en temps, de nos jours, lorsque les grosses pluies viennent à tomber sur notre commune.
Pendant toute la durée de la grande glaciation du quaternaire, un grand nombre de races d'animaux a disparu. Les causes de ces extinctions sont diverses. Mais les plus importantes sont sans doute les suivantes :
- Les animaux qui vivaient dans le nord de l'Europe, comme le rhinocéros laineux d'Europe, furent obligés de migrer vers des zones plus clémentes lors de l'avancée de la calotte glaciaire afin d'y trouver les aliments nécessaires à leur survie.
- Il est possible que l'alimentation trouvée au sud ne fut pas suffisante pour leur permettre de s'acclimater à cette nouvelle région.
- Mais la raison la plus plausible est que les chasseurs de l'époque avaient également besoin de viandes pour se nourrir et les fourrures qu'ils récupéraient, étaient utilisées pour se protéger du froid.
Pour conclure cette page, nous sommes aujourd'hui dans la période interglaciaire et il est possible que d'ici quelques 10 000 ou 15 000 ans, un nouveau cycle glaciaire de 100 000 ans s'installera progressivement sur notre globe, suivant en cela les variations de l'excentricité orbitale de la terre.