ROGNAC - UN ANTIQUE TERROIR

ROGNAC - UN ANTIQUE TERROIR
ROGNAC DE 1900 A 1920

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I) DÉBUT DE L'EPOQUE URBAINE
 
La particularité de l'époque urbaine de Rognac tient d'abord en sa concentration dans le temps. effectivement, Rognac a bien plus changé en un siècle qu'entre 1700 et 1900.
En un temps très bref, se produit un phénomène de confluence qui réunit les hameaux entre eux, pour ne plus former qu'une agglomération continue.
 
En 1843, faute de place dans le cimetière paroissial, celui-ci est transféré en lieu de l'actuelle place du souvenir. Nous le rappelons, ce nouveau cimetière était placé à l'époque à l'extérieur du village, à mi-chemin entre Rognac le haut et Rognac le bas (ces appellations ne sont plus d'actualité de nos jours, puisque les deux Rognac n'en font plus qu'un).

En 1900, pour la même raison qu'en 1843, l'endroit n'est plus approprié car, de par l'augmentation de la population de Rognac, le cimetière est devenu très proche des zones habitées. La municipalité décide de créer un nouveau cimetière afin de le transférer en son site actuel sous l'appellation du "cimetière du Puits de la Figuière", dont trois pierres gravées anciennes furent mises dans ses murs. Aujourd'hui elles sont impossibles à repérer, cachées par le crépi qui recouvre le mur de son enceinte.
 
""En cette même année de 1900, la célèbre croix de Rognac est érigée. Cette construction métallique, dressée sur un socle maçonné de pierres, est visible de fort loin de par son emplacement au bord de la barre rocheuse comme nous pouvons la voir, à droite de la photo ci-contre. Un témoin oculaire, alors employé municipal, Monsieur André AVON note le fait sur son carnet : 
  • "Pose de la croix métallique au bord de la barre qui domine Rognac, sous les auspices de l'abbé CAPEL. La mise à pied d'œuvre s'est effectuée avec le concours gracieux de MM Auguste CONSTANT, GRANGIER et Eugène BARTHELEMY".
Cette note semble sous-entendre qu'il s'agit d'un édifice religieux symbolique, peut-être offert par souscription auprès de la population. Toutefois, une tradition orale du pays rattache cette croix aux événements suivants :
 
En 1852, un enfant de 4 ans, Benjamin BARTHELEMY, tomba de la barre rocheuse, très élevée à cet endroit et survécu par bonheur à sa chute.
  • En 1866, fut scellé à l'un des piliers de l'église paroissiale, une plaque de marbre blanc, portant, gravé en lettres dorées, les remerciements de la famille ORGIAS pour une grâce obtenue. Au-dessus de ladite plaque, un tableau, lui aussi daté de 1866, faisait figurer un enfant soutenu par un ange, dans sa chute d'une barre rocheuse. Le tableau, de petite taille, mentionnait le nom de l'enfant, son âge, ainsi que la date de 1852. 
Dans l'esprit populaire, la croix de Rognac serait le remerciement de la famille de l'enfant sauvé. Toutefois, un intervalle de 48 ans entre l'accident du petit Benjamin et de 34 ans entre l'exvoto de l'église et la mise en place de la croix, nous font douter que la tradition soit l'exacte application de cette croix. Nous penchons plutôt pour un édifice religieux célébrant l'aube du 20ème siècle.
 
Toujours en 1900, aménagement de la place de la liberté, autour de la fontaine construite en 1897 (réplique exacte de la fontaine que nous avons le plaisir de contempler sur la place de l'église). Cette place de la liberté deviendra le lieu où vont se célébrer, entre autres, jusqu'en dans les années 1970 les festivités du 14 juillet. 
Cette année 1900 est vraisemblablement une période charnière, tant sur le plan de l'aménagement du territoire que sur le plan des événements. Cette année là, Monsieur AVON note à nouveau dans son carnet :

Catastrophe ferroviaire. Un train de marchandises surchargé, venant d'Aix, ne peut ralentir sa marche en gare de Velaux et accentue sa vitesse dans le dernier tronçon du parcours. Arrivé en gare de Rognac, le convoi défonce le butoir situé à l'extrémité de la voie et la locomotive va littéralement s'encastrer dans une maisonnette se trouvant après le butoir. Il est 12h45. C'est l'heure du repas. L'appartement est occupé par Mr MATHERON, brigadier - poseur, qui a pour invité Mr Joseph BRANDELLO et Mademoiselle Ernestine DESPLAN (6 ans). Les 3 convives sont balayés par la locomotive, tandis que la maison s'écroule. Par miracle, ils sortent pratiquement indemnes de l'accident, de même que le chauffeur de la locomotive et son mécanicien, ensevelis sous les décombres, mais protégés par la capote de la locomotive.
 
La photo de droite témoigne des dégâts occasionnés par la locomotive et le miracle qui s'y est déroulé pour que personne ne soit blessé sérieusement.

En 1901, un projet d'amélioration est présenté au conseil municipal. Ce projet consiste en la création d'une passerelle qui permette le passage en toute sécurité de la voie ferrée Paris - Marseille et du chemin de la Tête - Noire à l'église (actuel bd Jean Jaurès). Ce projet attendra quelques dizaines d'années encore, avant d'être réalisé.
 
En 1907, une croix de bois très ancienne, située sur la pointe rocheuse du Castellas est emportée le 8 novembre, par la dégradation de la barre rocheuse, consécutive à des pluies diluviennes. Il est à noter qu'à cette époque, les vignes de la Tête - Noire sont inondées d'octobre à décembre.
 
Cette même année, un nouveau confort, issu du modernisme, fait son apparition à Rognac. L'électricité fait fleurir les ampoules électriques qui illuminent dorénavant notre ville et voit disparaître les lampes à pétrole de nos rues.
 
Le 17 septembre 1911, Monsieur André AVON note un nouvel événement : 
  • Un cyclone, venant de l'étang, aborde la commune. Il emporte une barque et un platane dont le tronc faisait 40 centimètres de diamètre. Ils n'ont jamais été retrouvés. Poursuivant sa marche vers l'intérieur des terres, il dévaste tout sur son passage, sur une largeur de 100 mètres.

  • Des oliviers et des fruitiers sont cassés ou arrachés. La toiture de la maison de Monsieur SIMON, ainsi que celle de l'hôtel de Provence et une partie de celle de Monsieur François LAVONI ne sont pas épargnées. Sur les voies de chemin de fer, un sémaphore est arraché, un chargement de balles de paille s'envole. 
Une pluie très serrée complique la situation. Les dégâts sont très importants, mais fort heureusement, il n'y a pas de victime. La compagnie de chemin de fer prête des bâches aux sinistrés pour recouvrir les toitures détruites par le cyclone.
                                                                                                                                            
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En 1913, les caves du Royal Provence sont construites avenue de Verdun. Mais pour cause de Grande guerre, elles ne commenceront à fonctionner qu'en 1919.
 




 
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En 1919, la villa 
vert - clos (Photo ci-dessus) est construite (n°86 du bd J. Jaurès). Elle fut durant des années intégrée au centre social, jusqu'au déménagement de ce dernier à l'emplacement même du centre médical situé à l'angle du boulevard 
du Vallat de la Chapelle et de l'avenue Camille Pelletan, lui-même érigé à la place de l'ancien lavoir de la chapelle.                
 

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En 1920, le monument au mort (photo de droite) de la guerre 1914-1918, dont nous parlerons plus en détail ultérieurement, est construit sur l'emplacement de l'ancien cimetière du quartier de la croix (aujourd'hui place du souvenir). Creusement d'un caveau militaire dans le cimetière communal.


2) DEMOGRAPHIE
 
Un recensement de 1906 fait état de 769 habitants dans notre ville. Souvenons - nous que les statistiques de Villeneuve de 1820 révèlent 653 habitants à Rognac, ce qui dénote un taux de croissance de la population plus que modeste, étant donnée la précarité dans laquelle elle vit.
En 86 ans, la population de Rognac augmente de 116 habitants, ce qui correspond à un taux de croissance pour cette période de 15%. Ramené sur une année, ce taux représente 0,17% contre environ 5% aujourd'hui.







QUELQUES VUES DE ROGNAC DE CETTE EPOQUE



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                Le quartier de la Tête Noire (1903)                              Le moulin du Grand-Vacon - colline de la gare (1905)

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            Le bd Jean Jaurès, à l'est de la voie ferrée (1904)                  Le bd Jean Jaurès à la hauteur de la place de la liberté (1904)

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Le bd Jean Jaurès - Carrefour de la poste (1918)                                   Le château de Grand-Vacon (1907)              

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L'avenue Camille Pelletan (1916)                                                    La plage de Rognac (1912)

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             La Tête Noire (1912)                                                         Vue générale de Rognac (1909)  

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         L'église de Rognac et la mairie (1916)     


Page mise à jour le 12 juillet 2023


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