ROGNAC - UN ANTIQUE TERROIR

ROGNAC - UN ANTIQUE TERROIR
ROGNAC DE 1960 A 1980



En cette fin des années 50 et début des années 60, la chasse fait partie des occupations des Rognacais et le gibier abonde sur notre territoire.
Il faut dire qu'en ce temps- là, les habitations sont peu nombreuses et la majorité des terres est cultivée, ce qui permet aux lapins, faisans, perdreaux et autres gibiers de proliférer. La quiétude de notre village donne à ces animaux la possibilité de se multiplier, pour le plus grand plaisir des chasseurs.
 
Les deux photos ci-contre, nous montrent des tableaux de chasse que nous ne pouvons plus voir de nos jours, vu la rareté du gibier sur notre commune.
Contrairement à ce que l'on peut penser, la Société de Chasse de Rognac participe grandement au fait que quelques gibiers vivent encore sur notre terroir, en leur construisant quelques sources d'eau et en semant quelques parcelles de terrain pour les aider dans leur alimentation.
Sinon cela ferait belle lurette que tout gibier aurait disparu, décimé par les maladies, la sécheresse et les prédateurs.
 
DE 1960 A 1970
 
Entre 1960 et 1970, notre village poursuit son extension. De nombreux travaux sont entrepris et de nombreuses constructions surgissent du sol .
 
Une des premières constructions qui est érigée au début des années 60, est la résidence Eden Provence, face à la clinique. D'après certains témoignages, ces logements étaient acquis par des personnes aisées et les appartements se vendaient comme "des petits pains", étant donné la position privilégiée face à l'étang. Le quartier était beaucoup plus calme que maintenant, car le trafic automobile n'était pas aussi développé.
 
La Résidence "Clair Soleil" est construite peu de temps après, ce qui confirme bien l'augmentation certaine de la population, due aux besoins légitimes des Rognacais et au début des départs des grandes villes pour des lieux plus calmes.
 
LA DESTRUCTION DE LA FERME DU PETIT VACON
 
Cette ferme, que l'on appelait "Ferme Teissier" du nom des derniers propriétaires, était à son origine une bergerie. Celle-ci est bâtie dans le courant du XVIIIème siècle, sur un site qui était bien fourni en eau. En effet, la ferme du Petit Vacon était pourvue de deux puits. Le premier était situé proche de la ferme elle-même, puisqu'il se trouvait à une vingtaine de mètres de la bâtisse principale. Le second, celui qui donna son nom au chemin du puits de la Figuière se trouvait quant à lui à une centaine de mètres plus à l'ouest de la ferme.
 
Nous pouvons apercevoir sur la photo de gauche, la ferme du Petit Vacon, telle qu'elle était avant sa destruction. Si nous y regardons de plus près, les arbres visibles derrière elle ne sont pas ceux de la colline des frégates.
S'ils existaient encore aujourd'hui, ils orneraient le terre plein de la bretelle de sortie de l'autoroute, que nous utilisons pour entrer dans Rognac.
Sur le devant de la ferme, nous pouvons voir les bosquets de canisses qui longeaient le Vallat du Puits de la Figuière.
 
En arrière plan, nous apercevons le logement de la Campagne Comte. C'était l'ancienne ferme dite "de la Guste de lait", du nom de son ancien propriétaire Auguste Lech (sans doute son constructeur au XIXème siècle).
           

Ces deux fermes sont détruites en 1964, en prévision du futur tracé de l'autoroute reliant Paris à Marseille.

Sur la vue aérienne de 1951, à droite, nous indiquons leurs positions ainsi que quelques repères pour mieux les situer. Nous remarquons également que le Bd Charles Gounot continuait en direction de Velaux après avoir dépassé le pont de la voie de chemin de fer qui mène aujourd'hui vers le rond-point de Carrefour Market.
 
En cette même année 1964, le Docteur Woltz décède. Sa clinique vit naître bon nombre d'habitants de notre ville. Un docteur essaye bien de maintenir les services de cet établissement, mais la proximité de la clinique de Rognac est fatale à celle du Docteur Woltz. Elle cesse toute activité en 1966.                     
 
En 1967, les locaux de la Mairie devenant trop exigus pour que son fonctionnement soit approprié au nombre d'habitants et à la mise en place des services nécessaires pour subvenir aux besoins de la ville, des locaux proches d'elle sont aménagés et transformés en annexes à la Mairie.
 
En 1968, les travaux de construction de l'autoroute commencent. Un gros travail de déblaiement va modifier notre paysage.
Des terres, qui ont été jusque-là cultivées durant des siècles, vont être données en pâture aux engins des terrassiers, des Bulldozers et autres pelleteuses. Des centaines d'arbres, et sûrement plus, sont abattus.
L'abattage d'un de ces arbres fait grand bruit dans notre commune. Il se trouvait sur le chemin montant à Saragousse. C'était le plus grand pin de la commune, mais son seul défaut a été de se trouver sur le tracé de l'autoroute.
Le vendredi 4 octobre 1968, un bulldozer se charge de mettre à terre ce pin magnifique. Une fois le travail de déblaiement terminé, la place était libre pour les engins de gros calibre, chargés de niveler le terrain.
 
L'AUTOROUTE A7
 
Comme nous le savons, Rognac a été de tout temps un lieu de passage important, étant donné l'étroitesse de son territoire compris entre la barre de la Croix et l'étang.
 
Sur ce terrain qui ne fait que 2000 mètres de largeur dans sa partie la plus étroite, nous avions déjà une nationale qui longe l'étang et une voie de Chemin de fer qui coupe notre village en deux.
                       
L'augmentation du trafic routier et l'importance de réduire le passage des véhicules dans le cœur même des agglomérations, fait sortir de terre un réseau autoroutier qui poursuit son extension aujourd'hui encore.
 
Rognac n'échappe en rien à ce nouveau besoin de se rendre dans un temps le plus court possible d'un point à un autre.
                       
La construction de cette autoroute sur notre territoire dure deux années. Entre 1968 pour la préparation des terrains et 1970, l'année de son inauguration, lors de sa mise en service.
La vue ci-dessus montre la saignée de la future autoroute. Le poteau présent en haut à gauche de la photo  de gauche indique le commencement du chemin de Saragousse.

L'autoroute traverse notre commune dans un axe Nord - Sud, sur une longueur de 4000 mètres environ. Une saignée d'une largeur approximative de 50 mètres, nécessaire à son implantation, est effectuée sur toute la longueur de son parcours, ce qui correspond à une surface totale de 35 hectares, y compris la voie rapide qui mène à Berre l'Étang.

Cette photo à droite, prise approximativement au niveau du pont penché menant aux réservoirs d'eau de la commune démontre l'ampleur de la saignée.
La surface occupée par l'autoroute sur notre terroir correspond à 2% de la surface de notre territoire.
 

Ce cliché à gauche, pris côté sud, montre les parois en construction du pont qui délimite la fin du boulevard de Saragousse et le début du chemin de Saragousse. la colline en arrière-plan n'a pas encore été creusée, sa pente sera remplacée par le pont penché menant aux réservoirs d'eau.



Cette accumulation de voies de circulation nous a peut-être permis d'échapper à l'implantation du passage de la voie TGV qui a été déportée quelques kilomètres plus à l'est, sur le plateau de L'Arbois.
 

L'accès 
à l'autoroute et sa sortie passent sur les terrains occupés par la "Ferme Teissier" et la "Campagne Comte". Ils semblent peu fréquentés sur cette photo.
Le muret central qui délimite aujourd'hui les deux sens de l'autoroute n'est pas encore créé et il est possible de se rendre compte que l'incendie de 1970 qui ravagea notre terroir est passé récemment, comme nous l'indique la pelade qui recouvre notre colline en arrière-plan.
 

Aujourd'hui, malgré les nuisances sonores, nous ne pouvons plus nous passer des avantages qu'offre la proximité d'un tel accès et de la réduction du flot des véhicules gros porteurs pouvant transiter au cœur même de notre commune.
 


Pendant que les travaux de l'autoroute modifient la physionomie de Rognac, le modernisme poursuit sa marche inexorable et fait son entrée dans les habitudes courantes des Rognacaises et des Rognacais.
 


Les machines modernes viennent au secours des fermiers dans leurs travaux journaliers et ils laissent volontiers les faux dans les remises pour faire les moissons et admirer le travail efficace de la moissonneuse-batteuse.
Ces améliorations dans les travaux sont déjà utilisées depuis quelques temps. En effet, le tracteur à depuis longtemps remplacé les chevaux ou les bœufs et les nouvelles techniques en matière d'agriculture allègent l'emploi du temps des agriculteurs.





L'industrialisation se poursuit et la raffinerie augmente sa capacité de raffinage. L'usine chimique prend de plus en plus d'importance.
De nombreuses personnes sont embauchées pour permettre l'extension des activités du site pétrolier, ce qui les incite à rechercher un domicile proche de leur lieu de travail.
L'augmentation de la population sature les quelques entreprises installées sur notre commune. Les habitants actifs, sans travail, s'expatrient de plus en plus vers l'extérieur pour trouver un emploi.
 
DE 1970 A 1980
 
C'est au début des années 70 que la Résidence du Montaigne est construite.
 
En 1972, " la Grande Bastide " est détruite. La démolition d'une partie de cette construction remontant à 1410 a laissé la place à la gare routière de Shell, puis LyondellBasell au nord de la courbe de la voie ferrée "Paris/Marseille". Aujourd'hui, ce dépôt est  désaffecté depuis l'arrêt total de la raffinerie de Berre.
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Le lieu-dit " Grande Bastide" subsiste toujours, car c'est un lieu-dit cadastral. La page suivante retrace son histoire.
 

En 1974, le Centre Social (photo de droite) est installé dans des locaux neufs attenants à la maison " Vert Clos " (photo de gauche). Ce centre, composé de différents services (Aide scolaire légale, Aide sociale, Foyer III, Halte Garderie - Crèches Familiales - Entraides) pouvait apporter une aide à toutes les familles rognacaises. Aujourd'hui, ce centre social a été transféré à la place du cabinet médical qui fut construit en lieu et place de l'ancien lavoir qui était situé au bord du Vallat de la chapelle, aujourd'hui remplacé par le boulevard du Vallat de la chapelle.
 




En 1975, La gare routière Shell est construite sur l'emplacement de la Grand-Bastide. Cette gare routière était chargée de fournir en carburants les sociétés qui alimentent les stations services.
Cette même année, l'école Marcel Pagnol est construite (photo de gauche).
 


En 1977, Rognac s'étend en construisant deux lotissements. Le premier est bâti sur d'anciennes terres seigneuriales qui dépendaient du château de la Tête noire, Il porte comme nom le lotissement des Calades (photo de droite).


Quant au second, les Frégates (photo de gauche), il est édifié sur les dépendances de la villa romaine dite "du cimetière". Lors de sa construction, de nombreux vestiges sont mis à jour. Ils indiquaient là un important site romain. Mais les intérêts immobiliers passèrent sur ces antiquités et tout est brisé et enfoui à nouveau.
 
En 1979, l'ancienne poste est détruite. Cet établissement qui était l'ancien relais de la Tête Noire datait de 1835. Sa destruction laisse la place à l'agrandissement du lotissement des Calades.


Cette même année, la construction d'un pont, traversant la voie rapide de la sortie de l'autoroute vers Berre, est entreprise. Ces travaux mettent à jour une poche contenant de nombreuses amphores intactes.
Gérard CASTEL, averti de cette trouvaille, arrive rapidement sur les lieux. Malheureusement, les amphores ont le même sort que les vestiges trouvés sur le chantier des Frégates. Elles sont brisées et enfouies à nouveau.
Ce pont (photo de droite) était nécessaire pour la sécurité de ce carrefour. De nombreux accidents arrivaient et les stops (photo de gauche), présents de part et d'autre du croisement, entraînaient de nombreux embouteillages.
Il est toutefois dommage que quelques amphores n'aient pu arriver jusqu'à nous.
 

Toujours en 1979, le lotissement des "Borys" est construit sur l'emplacement de l'ancien camp américain (photo de gauche).
 


C'est en 1980 que les HLM de la Plantade sont construits (photo de droite).




 

 
Page mise à jour le 31 juillet 2023