- ROGNAC, LA PROTO-HISTOIRE - LIGURES ET CELTO-LIGURES
A) L'AGE DE FER
L'âge de fer s'étend de -700 ans à 0 BC. Il est généralement subdivisé en :
Trois évolutions majeures dominent l'histoire de cette période, dont elles vont conditionner l'évolution ultérieure. Elles forment la trame de l'histoire provençale du dernier millénaire BC.
a) La celtisation progressive du substrat social ligure
Commencée dès la fin de l'âge de Bronze (envir. -700 ans BC), elle s'accomplit lentement et sans violence pour s'achever au 3ème siècle BC.
b) La fondation de Marseille (Massalia)
Les Grecs, venus de Phocée, fondent Marseille entre -700 ans et -600 ans BC, ainsi que d'autres comptoirs côtiers (Antibes, Nice et Agde). Les Grecs de Marseille créent rapidement un courant d'échanges commerciaux avec l'arrière-pays ligure, à l'origine de l'hellénisation du midi de la Gaule (Fernand BENOIT). La maquette à droite représente Marseille à la fin de l'époque grecque. Elle est visible au musée d'histoire du Centre Bourse
c) Les interventions de Rome
D'abord réclamée par Marseille (amie de toujours des Romains) aux 2ème siècle et au 1er siècle BC, la présence romaine devient permanente à la fin du 2ème siècle BC. L'occupation pacifique de la Provence sécurise Marseille, que les armées romaines protègent.
B) HABITATS ET PAYSAGES
Deux choix caractérisent l'habitat ligure :
1) Un site en hauteur, l'oppidum refuge, muni d'un rempart, constamment tenu garni de subsistances (oppidum refuge du Castellas) dont on aperçoit les bases des habitations sur la vue aérienne ci-contre à gauche.
2) Un site de plaine, où se déroule les activités indispensables à la vie de la population (ce site se situe entre l'étang et la première barre rocheuse où se trouve l'oppidum).
Il est possible de bien se rendre compte de cette double résidence, en plaine lorsque tout est tranquille, en hauteur au moindre péril d'où l'on peu voir le vaste territoire autour de l'étang.
Sur la photo ci-dessus, les bases des habitations sont nettement visibles et il est possible de se rendre compte des dégâts engendrés par l'érosion de la barre rocheuse qui fit disparaître une grande partie des vestiges.
Mais le paysage se différencie du nôtre par l'extrême abondance des forêts (chênes, cyprès, ormes, bouleaux, figuiers, etc...), alors qu'aujourd'hui, la prédominance des pins et importante, lorsqu'ils ne sont pas détruits par les incendies estivaux.
C) LES ACTIVITÉS
L'agriculture se pratique sur les céréales, la vigne et l'olivier, deux espèces importées par les Grecs. Les produits sont conservés dans de grandes jarres appelées dolia (singulier : dolium).
L'élevage tient une place importante (moutons, chèvres, porcs, bovidés, volailles, ânes).
La chasse semble avoir été peu pratiquée (alimentation carnée suffisante grâce à l'élevage).
La pêche se pratique régulièrement au bord de l'étang.
L'exploitation du sel, quoique de technique frustre, se pratique déjà ; salins primitifs mais efficaces.
Les voies de communication s'étendent en tous sens (convois muletiers, pistes et sentiers, trouent les vastes forêts.
D) LA VIE QUOTIDIENNE
Elle nous est connue, au moins dans ses grandes lignes (JP TENNEVIN en a donné une description imagée dans son livre 'Lou gran bau').
"Une pièce carrée aux parois de boiseries avec des fondations de pierre. Dans un coin, on apercevait de gros pots de terre, des étagères, des manches d'outils qui renvoyaient de pâles reflets, un siège fait d'un tronc d'arbre. L'entrée de la pièce donnait sur une rue flanquée de maisonnettes basses couvertes de paille.
Toute une foule fourmillait aux tâches quotidiennes : Des enfants qui se poursuivaient ou jouaient dans la poussière, des vieillards tressaient de l'osier sur le seuil des maisons... Des femmes bavardaient.
Un porteur d'eau, en lançant son cri, poussait un âne gris chargé de deux amphores... sur une placette, des hommes faisaient cuire des jarres sur un des bûchers..."
E) LES CROYANCES
Les croyances des ligures reposent sur quelques thèmes particuliers.
F) LES SALYENS
Les Salyens forment une confédération composée des :
Cette dernière confédération, dont fait partie la population ligure de Rognac, a pour capitale Entremont, près d'Aix.

G) L'ARRIVÉE DES ÉTRANGERS
C'est dans cette société en cours de celtisation que vont s'établir les premiers contacts avec des étrangers.
En -750 BC des navigateurs étrusques abordent en Ligurie. Entre -700 ans et -600 ans BC des caboteurs phocéens longent la côte méditerranéenne, dans un premier temps sans vraiment s'y installer. Il est probable qu'avant ces premiers contacts venus par mer, des courants économiques existaient déjà par voies terrestres, ce qui permet d'affirmer qu'avant l'époque des échanges Liguro-Massaliotes, la société ligure n'était pas un monde fermé sur lui-même.
Le site de Marseille fut certainement de ceux que les phocéens visitèrent, ce qui leur permet sans doute de repérer l'emplacement de leur futur comptoir. Rapidement, ils fondèrent quelques comptoirs sans doute modestes (quelques hangars sommaires près d'une crique, où ils abritaient leurs marchandises (poteries, vins, produits venus directement de leurs terroirs d'origines)).
Marseille fut l'un de ces comptoirs, comme Antipolis (Antibes), Agathé (Agde) ou Nikaia (Nice). Des courants d'échanges se sont créés. Ils ont permis une sorte d'acceptation des nouveaux venus sur le territoire ligure.
H) LES INTERVENTIONS ROMAINES
Cet ensemble de rapports harmonieux aurait pu se maintenir longtemps en équilibre si des étapes, pesant indirectement mais profondément sur l'avenir des relations liguro-massaliotes, ne s'étaient produites, parmi lesquelles :
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Les rivalités entre Rome et Carthage pour la possession de la péninsule ibérique (-349 ans BC).
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Au début du 4ème siècle BC, Marseille signe un traité avec Rome, qui l'exempte de droits de douane sur le territoire romain.
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En -218 BC, les armées d'Hannibal traversent le sud de la Gaule et Marseille ne ménage pas son appui aux Romains.
Au travers de bonnes relations avec Marseille, Rome commence à s'intéresser à ce qui se passe en Ligurie. Vers le début du 2ème siècle BC, les relations entre Marseille et les Salyens se tendent.
C'est probablement ce début de mésentente qui a entraîné chez les ligures, une modification de l'habitat (floraison d'oppida autour de Marseille, autour de l'étang de Berre et dans la vallée de l'Arc).
Tous ces oppida ont en commun de ne pas remonter au-delà de -200 ans BC. Leur existence semble bien liée aux frictions épisodiques entre Marseille et les Salyens.
-197 ans BC : Les Romains s'emparent de l'Espagne. Ils créent une voie terrestre entre l'Italie et l'Espagne et font du terroir intermédiaire une nouvelle province (détérioration des relations entre Marseille et les Ligures qui font actes de pirateries sur les côtes méditerranéennes). L'insécurité des voies romaines provoque de graves perturbations aux intérêts de Marseille et de Rome.
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-190 ans BC : Les Romains détruisent le village ligure de Roquepertuse (Velaux).
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-154 ans BC : Rome accorde sa protection à Marseille, qui devient à ses yeux, une ville sensible.
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-130 ans / -122 ans BC : Rome maintient l'ordre dans ce pays que les ligures, poussés par les Arvernes, attaquent de plus en plus ouvertement.
J) L'OCCUPATION ROMAINE
En -124 BC, le Consul Sextius Calvinus règle le problème ligure par la force. Il emporte les places ligures d'Entremont, de Saint-Blaise et du Baou-Roux. Rome fait comprendre, de divers côtés, qu'il n'est plus question pour les Ligures de commercer avec Marseille, mais qu'il faut désormais obéir à Rome.

Sextius Calvinus fonde, en -122 BC, la ville d'Aix. Le Consul Domitrius Ahenobarbus fait presser les travaux de construction de la voie domitienne.
L'année suivante, en -121 BC, Le Consul Fabius Maximus brise une nouvelle tentative des Allobroges et des Arvernes.
En -118 BC, délimitation de la nouvelle province romaine, la Narbonnaise. Fondation de la ville Narbo Marcius (Narbonne). Les terroirs de Rognac et de l'ensemble de l'étang de Berre sont compris dans ces limites. L'Italie et l'Espagne sont enfin durablement reliées entre elles.
Les légions du Consul Mallius Maximus et du Proconsul Servillus Cæpio sont défaites, en -106 BC, près d'Orange, par les Barbares entrés en Gaule en -109 BC. Mais au lieu d'aller vers l'Italie et la Basse-Provence, ils se dirigent vers la Gaule du nord et l'Espagne.
Les barbares sont de retour en -102 BC. Les Teutons, voulant rejoindre les Cimbres en vue de gagner l'Italie, passent par Aix, mais rejoints par les légions de Consul Marius (Photo de Gauche), ils sont totalement anéantis. La bataille eu lieu dans la vallée de l'Arc, près de la colline des Baumettes.
Jules César est nommé Proconsul de la Narbonnaise de -58 à -49 BC. De -58 à -51 BC, il annexe à l'Empire le reste de la Gaule.
En -49 BC, reddition des Marseillais qui perdent leurs remparts et une grande partie de leur liberté.
Les sites Celto-Ligures de Rognac sont indiqués sur la vue aérienne ci-dessous
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